Dans le monde de la recherche quantitative, la France occupe une place particulière grâce à une tradition mathématique vivace et à des institutions qui promouvrent le dialogue entre théorie et applications du risque. Notre séminaire sur les mathématiques du risque se situe pleinement dans ce paysage scientifique. Afin d’accompagner les chercheurs, les doctorants et les praticiens curieux, nous avons regroupé dans cet article un ensemble de guides pratiques et de mises à jour sur l’actualité de la recherche française dans ce domaine. Nous y dressons un panorama des laboratoires, des approches innovantes, des collaborations interdisciplinaires et du rôle fédérateur de notre séminaire. L’objectif est de fournir une ressource utile pour quiconque voulant comprendre les dynamiques de la innovation — avis du risque en France et y participer. Chaque section aborde une facette essentielle du paysage actuel, depuis les héritages historiques jusqu’aux financements disponibles en passant par les dernières publications. Nous espérons ainsi offrir une boussole fiable pour naviguer dans la communauté française du risque.
Un environnement de recherche enraciné dans une grande tradition
L’histoire des mathématiques du risque en France puise ses sources au début du XXe siècle, avec les travaux fondateurs de Louis Bachelier sur la théorie de la spéculation, puis avec les avancées de l’école probabiliste française conduite par Paul Lévy et plus tard Paul-André Meyer. Cette lignée intellectuelle a amené la France à être un pôle majeur de la recherche en processus stochastiques, martingales et contrôle optimal, qui sous-tendent aujourd’hui les modèles de risque les plus sophistiqués. L’écosystème actuel repose sur des structures pérennes : le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’Institut National de Recherche en Sciences et Technologies du Numérique (Inria) et de nombreuses unités mixtes avec les universités et les grandes écoles. Ces institutions assurent un flux constant de jeunes talents formés aux mathématiques appliquées et une stabilité des financements qui encourage les projets de long terme.
Plusieurs laboratoires constituent des points de référence pour la communauté internationale. Le LPSM, situé sur le campus de Jussieu, unit probabilités et physique statistique pour modéliser les événements rares, tandis que le CEREMADE excelle dans l’optimisation et les mathématiques de l’assurance. À Saclay, le laboratoire de mathématiques d’Orsay et le Centre de Mathématiques Appliquées de l’École polytechnique développent des approches numériques avancées pour le calcul du risque. Ces équipes profitent d’un financement régulier par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et participent à des projets européens, ce qui leur permet d’attirer des doctorants et de conserver une dynamique de publication soutenue. Cette toile d’interactions érige la France en terreau fertile pour les échanges autour des mathématiques du risque, que notre séminaire participe à enrichir.
Méthodes avancées et instruments récents mathématiques
Les travaux français en mathématiques du risque se distingue par sa capacité à assimiler des outils de plus en plus fins pour saisir les phénomènes extrêmes et les dépendances complexes. L’utilisation des distributions à queues lourdes, telles que les lois de Pareto ou les lois α-stables, est maintenant courante pour modéliser les pertes sévères en assurance non-vie et en gestion des risques opérationnels. Parallèlement, la théorie des valeurs extrêmes rencontre un regain d’intérêt grâce aux travaux effectués sur l’estimation des quantiles conditionnels et sur la modélisation conjointe de la fréquence et de la sévérité des sinistres. Ces approches sont souvent couplées à des méthodes de rééchantillonnage ou à des simulations de Monte Carlo séquentielles pour évaluer des probabilités de ruine dans des portefeuilles hétérogènes.
L’introduction de l’apprentissage statistique a ouvert des perspectives nouvelles. Les réseaux de neurones profonds sont actuellement exploités pour reproduire des stratégies de couverture dans les marchés incomplets – le « deep hedging » – et pour paramétrer rapidement des modèles à volatilité stochastique. Les réseaux génératifs antagonistes permettent de produire des scénarios de risque synthétiques qui respectent des contraintes de dépendance complexes, sans avoir recours à des hypothèses paramétriques restrictives. Plusieurs projets soutenus par l’ANR, comme les programmes examinant l’inférence profonde pour les stratégies quantitatives environnementales ou les méthodes mathématiques pour l’énergie, illustrent cette rencontre entre l’analyse stochastique et l’intelligence artificielle. Les équipes françaises contribuent activement à ces développements, en partageant leurs résultats lors de congrès internationaux et dans des revues de premier plan.
- Modèles à volatilité stochastique et à sauts pour les actifs financiers et les indices climatiques
- Étude des valeurs extrêmes pour l’estimation des quantiles lointains
- Structures de copules et structures de dépendance hiérarchiques pour les risques multivariés
- Modèles de Hawkes pour la modélisation des événements corrélés (cyber, sinistres)
- Systèmes de neurones pour la couverture, la calibration et la génération de scénarios
- Amélioration robuste sous incertitude de modèle et contraintes de solvabilité
Recommandations pratiques pour les doctorants et doctorants
Se positionner dans la recherche en mathématiques du risque nécessite de comprendre les canaux d’information et les procédures de candidature. La première démarche revient à intégrer la liste de diffusion de notre séminaire et à examiner les archives pour s’initier avec les travaux en cours. Il est aussi conseillé de assister aux écoles d’été thématiques, telles que l’École d’Été de Probabilités de Saint-Flour ou les rencontres du Groupe de Travail Assurance et Risque, qui offrent une immersion intensive dans les techniques avancées. Le comité incite particulièrement les doctorants en deuxième ou troisième année à proposer une proposition, car le séminaire représente une vitrine devant des experts reconnus et peut déboucher sur des collaborations ou des offres de post-doctorat.
- Déterminer un sujet conforme avec les thèmes du séminaire (risque actuariel, climatique, systémique, etc.).
- Composer un résumé scientifique d’une page, en indiquant la problématique et la méthodologie.
- Contacter le comité scientifique via le formulaire en ligne disponible sur la page du séminaire.
- Présenter le résumé au moins six semaines avant la date souhaitée, pour accorder le temps de l’évaluation.
En ce qui concerne le financement, les jeunes chercheurs peuvent solliciter des bourses de mobilité auprès de l’ANR, du programme européen Horizon Europe ou des écoles doctorales, qui prennent en charge souvent les frais d’inscription et de déplacement pour les événements nationaux. Le CNRS propose également des contrats doctoraux fléchés sur les mathématiques du risque, en partenariat avec des entreprises via le dispositif CIFRE. Nous tenons régulièrement à jour sur notre site une page listant ces opportunités, en indiquant les dates limites et les montants indicatifs. Il est suggéré de élaborer un dossier solide intégrant un projet de recherche détaillé, des lettres de recommandation et une note précisant le lien avec les applications du risque.
Des coopérations interdisciplinaires devant les risques émergents
Les risques modernes dépassent largement les contours des marchés financiers. L’intégration des enjeux climatiques, sanitaires ou numériques requiert des passerelles robustes entre les mathématiques et d’autres champs. En France, des institutions comme le Louis Bachelier Institute (ILB), qui fédère des programmes de recherche associant académiques et professionnels, ou le labex Mathématiques et Économie de la Décision (MME-DII), soutiennent des projets à l’interface entre probabilités, économie et sciences de l’environnement. Ces initiatives ont abouti à des modèles de stress test climatique en mesure de traduire des scénarios de transition énergétique sur les comptes des institutions financières, en s’appuyant sur des modèles stochastiques d’émissions et de trajectoires de température. Le partenariat avec des climatologues de l’IPSL permet de nourrir ces modèles avec des projections physiques rigoureuses, renforçant ainsi la crédibilité des estimations.
Un autre axe important est celui de la modélisation des risques pandémiques et cyber. Des équipes de l’Université Paris-Dauphine et de l’ENSAE ont développé des modèles de transmission épidémique reliés à des dynamiques de marché pour mesurer l’impact des confinements sur les portefeuilles d’assurance. En cybersécurité, le manque des données d’incidents et la corrélation temporelle élevée conduisent à l’utilisation de processus de Poisson marqués et de méthodes bayésiennes. Ces recherches mobilisent le savoir-faire du Centre de Mathématiques Appliquées de l’École polytechnique et du laboratoire de mathématiques de l’Inria. Le séminaire reflète cette hybridation en invitant régulièrement des intervenants issus de la biologie, de la météorologie ou de l’ingénierie des réseaux, proposant ainsi une vision élargie du risque qui transcende le seul prisme actuariel.
Nouvelles et résultats de dernière minute
Le domaine de la recherche française en mathématiques du risque a connu une suite d’avancées majeures ces derniers mois. Une équipe du LPSM a fait paraître un article dans les Annales de l’Institut Henri Poincaré exposant une récente classe de mesures de risque cohérentes adaptées aux portefeuilles de contrats d’assurance indexés sur des indices climatiques. De son côté, le CEREMADE a développé un algorithme de calibration de réseaux de neurones pour le risque de crédit employant des données haute fréquence, en collaboration avec la Banque de France. Ces travaux illustrent une tendance de fond : l’hybridation entre la théorie statistique classique et les méthodes computationnelles modernes, qui rend possible d’aborder des problèmes jusque-là hors de portée.
- Diffusion de Risk Aggregation under Model Uncertainty dans une revue actuarielle de premier plan – une approche par enveloppes convexes pour les risques dépendants.
- Démarrage du projet ANR RISMOD (Risk, Insurance and Macroeconomic Dynamics) regroupant Paris-Dauphine, l’ENSAE et l’Université de Strasbourg.
- Organisation d’une journée thématique « Risques climatiques et assurance » le 15 novembre prochain, avec des participants du GIEC et de la Fédération Française de l’Assurance.
- Mise en ligne des enregistrements de la session « Deep Learning for Risk Management » sur notre site, générant plus de 500 consultations en deux semaines.
Ces évolutions renforcent la visibilité internationale de la recherche française. Notre séminaire participe à cette dynamique en proposant une session spéciale lors du prochain congrès Bachelier, où seront discutées les applications des processus de Hawkes à la cybersécurité. Les inscriptions sont déjà ouvertes et les places en nombre limité. Pour ne rien manquer de ces actualités, nous encourageons les lecteurs à parcourir la rubrique « Mises à jour » de notre site et à s’inscrire à notre lettre d’information, qui offre des résumés compréhensibles des derniers résultats et signale les événements à venir.
La conférence sur les mathématiques du risque : déroulement et bénéfices
Notre séminaire sur les mathématiques du risque a été pensé comme un espace d’échange périodique entre chercheurs, doctorants, ingénieurs et toute personne exposée à la quantification des incertitudes. Il se déroule mensuellement, en règle générale le premier mercredi de chaque mois, sous un mode hybride qui mélange une salle de réunion à Paris et un streaming. Chaque séance est organisée autour d’un exposé de quarante-cinq minutes, suivi d’une discussion approfondie et d’un moment de réseautage informel. Les intervenants sont retenus par un comité scientifique qui s’assure à traiter des domaines variés : risques financiers, actuariels, climatiques et industriels. Les participants, qu’ils soient doctorants, post-doctorants ou professionnels, peuvent adresser des questions en direct et échanger avec le conférencier, ce qui favorise un transfert de connaissances bilatéral et stimule les collaborations.
Les thèmes récents ont inclus la couverture profonde en présence de coûts de transaction, l’utilisation de modèles à changement de régime pour les risques émergents, et les méthodes de quantification d’incertitude pour les projections climatiques. Au-delà de la simple diffusion scientifique, le séminaire sert de levier pour identifier des partenariats et pour préparer des réponses à des appels à projets nationaux ou européens. Les enregistrements des séances sont souvent mis à disposition sur notre site, avec l’accord des orateurs, afin de bâtir une base de ressources durable pour la communauté. Nous diffusons aussi des comptes rendus et des guides de lecture pour les articles discutés, ce qui permet aux nouveaux venus à assimiler rapidement les sujets abordés.
Interrogations fréquentes
Qu’est-ce que le séminaire sur les mathématiques du risque ?
Il s’agit d’un cycle mensuel de conférences scientifiques, mis en place en format hybride, qui explore les outils mathématiques de évaluation, de modélisation et de administration des risques. Destiné à tous, il met en relation des chercheurs académiques, des doctorants et des praticiens autour de thématiques allant de l’assurance à la finance en passant par les risques climatiques. Chaque séance comprend un exposé suivi d’une discussion, et les enregistrements sont souvent publiés librement.
Qui peut participer aux séances ?
Les séances sont ouvertes à toute personne concernée, qu’elle soit chercheuse, étudiante ou professionnelle. L’inscription est sans frais mais obligatoire pour recevoir les informations de connexion.
Présence en présentiel
Les places en salle étant limitées, une confirmation est transmise quelques jours avant la séance. Une pièce d’identité peut être demandée à l’entrée.
Assistance à distance
Un lien de visioconférence est communiqué aux inscrits la veille de l’événement. Les participants distants peuvent formuler leurs questions via le module de tchat.
La participation est-elle facturée ?
Pas du tout, l’accès à toutes les séances ordinaires du séminaire est complètement gratuit. Seules certaines journées thématiques exceptionnelles ou des ateliers pratiques peuvent faire l’objet à une participation aux frais, qui est alors nettement annoncée plusieurs semaines à l’avance. Les étudiants et les membres des laboratoires partenaires disposent habituellement de tarifs réduits ou d’une exonération.
Comment soumettre une intervention ?
Les propositions d’exposé sont examinées par notre comité scientifique. Il suffit d’envoyer un résumé d’une page, accompagné d’une courte notice biographique, via le formulaire de contact du site. Nous préconisons de soumettre les propositions au moins six semaines avant la date envisagée. Les thèmes doivent se situer dans le champ des mathématiques du risque, sans exclusive de discipline.
Où se déroulent les séances ?
Le séminaire se tient principalement dans une salle de conférence mise à disposition par un institut partenaire à Paris, dont l’adresse exacte est communiquée après inscription. L’accès est facile en transports en commun, et des indications précises sont envoyées aux participants en présentiel. En période de forte affluence, un deuxième lieu peut être proposé ou la jauge peut être élargie grâce au format hybride.
Les séances sont-elles enregistrées ?
La plupart du temps, oui, sous réserve l’accord de l’intervenant. Les vidéos sont par la suite hébergées sur notre site et demeurent accessibles librement pendant au moins un an. Cette politique permet constituer une bibliothèque de ressources pédagogiques et scientifiques, utile aussi bien aux chercheurs confirmés qu’aux étudiants désirant approfondir un sujet sans contrainte de calendrier.
Quels sont donc les thèmes abordés ?
Le séminaire traite un éventail large de sujets quantitatifs : mesures de risque et dépendance, processus stochastiques, modélisation des événements extrêmes, risques climatiques et de long terme, cybersécurité, assurance non-vie, mathématiques financières et contrôle optimal. Aucune session ne traite de paris ou de jeux de hasard ; l’accent est mis exclusivement sur la rigueur mathématique et les applications concrètes dans les secteurs assurantiel, bancaire et industriel.
